« Nous, Femmes, éliminons la violence pour bâtir la paix »

Nous femmes éliminons la violence pour bâtir la paix - fedération des femmes pour la paix mondiale france

Le samedi 25 novembre 2023, la Fédération des Femmes pour la paix mondiale (FFPM) en partenariat avec l’Association Internationale pour le Développement Economique et Social – Afrique / France (AIDES/A.F) et l’ECDA (The European Center for development and geostrategic studies and analysis) a organisé à Paris un événement sur le thème : « Nous, Femmes, éliminons la violence pour bâtir la paix ». Cet événement marquait la journée internationale de l’élimination des violences à l’égard des femmes célébrée le 25 novembre et a réuni une quarantaine de personnes dont la moitié était des hommes.

Mme Virginie Pinhas, vice-présidente de la FFPM, a d’abord introduit cette journée en signalant qu’elle a été conçue en tant que journée orange lors de la campagne «Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes », la couleur orange symbolisant un avenir meilleur, sans violence. Elle a ensuite donné la parole aux deux présidentes organisatrices pour des mots de bienvenue.

Mme Virginie PINHAS

Mme Brigitte Wada, présidente de la FFPM France a lu la résolution et les recommandations rédigées lors de la 20ème conférence annuelle européenne organisée à Chypre du 3 au 5 novembre par la FFPM, sur le thème : « Transformer notre monde en faisant progresser la paix : une culture de la paix et de la dignité humaine ».

Mme Faiza Chaker, présidente et co fondatrice de AIDES/A.F a exprimé ses mots de bienvenue, mentionnant notamment que 244 000 victimes de violences conjugales avaient été enregistrées en 2022, soit une augmentation de 15% par rapport à 2021 selon le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes. C’est pourquoi les efforts pour lutter contre la violence faite aux femmes doivent s’intensifier. Si le HCE salue le magnifique travail des associations, il est important de faire plus, surtout dans le domaine de l’éducation.

La 1ère intervenante, Mlle Shabnam Salahshoor, militante afghane et footballeuse, nous a ensuite témoigné de son travail en France, depuis son arrivée il y a deux ans : elle travaille avec les organisations « Urgence afghane », « Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs » . Elle a expliqué que dans son pays,  le niveau de violence envers les femmes est le plus élevé dans le monde. Au cours du premier régime des Talibans, elles ont été privées de leurs droits. Pendant ces vingt dernières années, elles ont tenté de détruire la culture de la violence.  Mais depuis le retour au pouvoir des Talibans en aout 2021, la violence envers les femmes augmente chaque jour (suicide, mariage forcé, privation d’éducation, etc…) Aujourd’hui les talibans ne cessent de restreindre les droits des femmes en les isolant toujours plus de la société.

La deuxième intervenante, Mme Elisabeth Saccani, thérapeute psycho-corporelle et sophrologue, a proposé diverses formations thérapeutiques pour trouver la paix à l’intérieur de soi. Ayant vécu elle-même des violences dans son enfance, elle a cherché des réponses pour comprendre et pardonner. Face à la situation du monde aujourd’hui, avec les conflits, les guerres, les catastrophes climatiques, l’être humain a besoin, selon elle, de changer son comportement en consommant moins, en se remettant en question et en cherchant en lui-même sa raison de vivre.

Mme Aicha Bacha, docteure en sciences politiques et sociales, franco-marocaine a témoigné de son vécu. Issue d’une famille financièrement aisée, elle a pu faire des études mais elle a toujours été témoin d’une humiliation et d’une violence psychologique vécue par sa mère parce qu’elle venait d’une famille modeste. Aussi quoiqu’elle fasse pour plaire à la belle-famille, ses gestes, son comportement déplaisaient à cause de son niveau social. Vivant dans une société patriarcale, Mme Bacha a vécu aussi une certaine violence psychologique, ce qui lui a donné la force de se battre pour la cause des femmes et ainsi devenir non seulement la Secrétaire générale du mouvement mondial des femmes leaders panafricaines mais aussi la fondatrice et directrice de The European Center for development and geostrategic studies and analysis.

Mme Aicha Bacha

Notre dernière intervenante, Mme Marie-Christine Odent, conseillère conjugale et familiale et vice-présidente de la FFPM, a approché la question de la violence sous un angle différent. Selon elle, tout autant que l’homme, la femme est capable de violences, surtout verbales et psychologiques (chantage, injures, harcèlement, menaces…). C’est donc en travaillant sur elle-même pour apaiser ces violences que la femme agira sur la violence dans la société. Elle a souligné que la femme puissante n’est pas juste celle qui dénonce les violences subies, ou celle qui s’implique dans des actions socio-éducatives ; elle est celle qui accepte l’effort intellectuel, psychologique, spirituel pour changer le cours des choses en s’améliorant elle-même.

Mme Marie-Christine Odent